La télévision cathodique, telle qu’on la connaît actuellement, s’est véritablement développée en France, à la fin de la seconde guerre mondiale. Vers 1948 apparaissent en France les premiers téléviseurs comerciaux, avec une définition d’image d’environ 450 lignes puis 819 lignes au début des années 50.

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La période « pré-historique » de la télévision, soit de 1925 environ à 1935 et au-delà, reste, sauf pour quelques initiés, très mal connue de la plupart des gens, même pour les contemporains de cette époque encore parmis nous. La raison principale en est, que la télévision d’alors se trouvant à un stade expérimental sans véritables normes établies, peu d’industriels en France se sentaient motivés pour fabriquer des récepteurs de télévision à destination d’un public, par ailleurs très restreint.
En Angleterre toutefois, le pionnier écossais John Logie BAIRD, commercialise dès 1928 son ‘TELEVISOR’,

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modèle de téléviseur mécanique à 30 lignes de définition, suivi de près par les USA qui fabriqueront quelques milliers de Téléviseurs mécaniques au début des années 30, et dont il subsiste très peu d’exemplaires.

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De nombreux chercheurs aux USA, parmi lesquels Philo T. FARNSWORTH et Vladimir ZWORYKIN (RCA), contribuent à d’importantes découvertes dans la recherche de la télévision ‘tout électronique’, tandis que C.Francis JENKINS, réalise en 1927 son ‘Radiovisor’ (analyse et transmission mécanique d’images fixes).
Pour plus d’informations sur l’histoire de ces chercheurs, voir les liensvers les excellents sites (en anglais) sur la page d’accueil.
En France,René BARTHELEMY,brillant ingénieur diplômé de l’Ecole Supérieure d’Electricité, s’investit à la demande de la Compagnie des Compteurs, dans la création d’un laboratoire de recherche sur la télévision.
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Les travaux de Baird et de Barthélemy font des émules en France et peu à peu quelques chercheurs comme Henri De France au Mans et Turpain et Bodroux à Poitier commencent à faire des essais de télévision mécanique.
1928 – LA RADIOVISION.
La Télévision à ses débuts, également appelée « Radiovision », utilisait un système mécanique pour l’analyse (décomposition de l’image) et la synthèse(reconstitution de l’image).
A l’heure actuelle, depuis de nombreuses années, ces opérations sont effectuées de manière entièrement électronique.

Principe d’analyse et synthèse mécanique de l’image: disque de NIPKOW.
En 1884, un jeune étudiant allemand, originaire de Poméranie,Paul NIPKOW ,

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invente le disque qui porte son nom. Il s’agit d’une invention géniale permettant de décomposer et reconstruire l’image au moyen d’un disque percé de trous répartis en spirale près de la circonférence du disque.
Il est intéressant de noter que Paul Nipkow ayant trouvé le principe, ne pourra lui-même le mettre en application, car en 1884, la lampe radio et les cellules photo-électriques ne sont pas encore inventées!
La définition de l’image (nombre de lignes) correspond, avec le disque de NIPKOW, à la quantité de trous perforés composant la spirale: 30 trous = 30 lignes, 60 trous = 60 lignes etc.. Pour des raisons purement mécaniques, il semble que les limites du système soient atteintes pour une définition de 120 ou 180 lignes (avec 3 spirales). En effet, le diamètre du disque croît proportionellement à la définition, atteignant rapidement des dimensions prohibitives, incompatibles avec une synchronisation effective du système.
Les trous du disque analyseur, à l’émission,explorent successivement chaque point de l’image à travers un cache, dont les dimensions sont fonction du nombre de trous et de leur diamètre.
Derrière le disque analyseur, se trouve une cellule photo-électrique qui traduit les variations de lumière provenant des trous, en impulsions électriques (très faibles).
Les trous du disque synthétiseur, à la réception, recomposent l’image à l’aide d’une lampe au néon placée derrière le disque et qui retraduit les impulsions électriques en variations lumineuses.
Les disques analyseur et synthétiseur doivent faire l’objet d’une synchronisation rigoureuse: les trous respectifs de chacun devant être exactement au même endroit au même moment. Cette nécessité (et difficulté) d’obtenir et maintenir un synchronisme absolu entre les disques, a largement contribuée, parmis d’autres éléments, à l’abandon des systèmes mécaniques en télévision (exception faite du magnétoscope!). Malgré tout, la télévision a amplement utilisé, jusqu’en 1935, le disque de NIPKOW, avec plusieurs variantes, pour analyser et reconstituer les images.

Environnement des premières émissions de télévision mécanique.

A l’émission, on utilisait deux techniques de prise de vue.
La première, baptisée ‘flying spot’ par les anglais, fut la plus utilisée pour les premières émissions à 30 lignes. Elle consistait a balayer le sujet plongé dans l’obscurité totale, d’un pinceau de lumière intense. La lumière ainsi réfléchie, était transmise aux cellules photo-électriques placées de part et d’autre devant le sujet).
Pour obtenir le pinceau de lumière, on plaçait une lampe à arc derrière le disque de Nipkow analyseur, et la lumière passant successivement par chaque trous du disque éclairait la scène. Compte-tenu de la faible sensibilité des cellules photo-électrique, cette technique était la plus performante à ce moment d’évolution de la technologie.
La deuxième technique utilisait la caméra de prise de vue en lumière diffuse. Cette fois, la scène ou le personnage a téléviser était entièrement (et violemment) éclairé et la cellule photo-électrique placée derrière le disque, recevait les impulsions de lumière passant à travers les trous du disque. Cette technique nécessitait une très grande quantité de lumière: 15 à 40.000 lux pour le 60 et le 180 lignes, à cause du faible rendement des cellules photo-électriques de l’époque et les pertes considérables de lumière dûes au disque de Nipkow. En conséquence et pour éviter de mettre en péril la santé des acteurs/présentateurs, le studio devait être équipé d’un système de refroidissement efficace!.
Il est à noter que malgré cela, la température ambiante du studio atteignait fréquemment les 35° centigrades lors des premiers essais! Avec la mise au point des premiers tubes photomultiplicateurs en 1936, on put remplacer les cellules photo-électrique et augmenter considérablement la sensibilité des caméra mécaniques. Le tube photomultiplicateur vint à la rescousse du 180 lignes qui exigea à ses débuts, une quantité de lumière phénoménale!

En raison de la faible définition de l’image en 30 et en 60 lignes, il fallut étudier un maquillage spécial afin que les traits des acteurs soient visibles: contour des yeux noir, fond de teint blanc et ocre, lèvres noires etc. à l’instar des acteurs des débuts du cinéma.

Au cours des premières émissions de télévision, la caméra ne pouvait se déplacer. Elle était placée derrière une vitre afin d’éviter que les bruits du moteur entraînant le disque analyseur ne soit transmis. Les scènes se composaient donc d’une, puis deux à trois personnes personnes se déplaçant dans le champ étroit de la caméra.

Conditions de réception des premières émissions de télévision en 30 lignes
Les premières images télévisées étaient donc de très basse définition: 24 à 60 lignes (comparez avec le nombre de lignes actuelles (625). Ces images, malgré le manque de détail qui les caractérisaient, enchantaient les premiers téléspectateurs (radiovisioneurs),émerveillés par cette image, petite (quelques centimètres), rougoyante, instable et tremblotante.
Pour voir et entendre une émission de télévision à cette époque (1930), il fallait généralement deux postes de radio en plus du ‘téléviseur’ proprement dit, lequel consistait en un bâti comprenant le disque de Nipkow et son moteur d’entraînement avec divers réglages de cadrage de l’image et de la vitesse du moteur.
Sur les appareils ‘perfectionnés’, comme la version du constructeur allemand TEKADE vers 1932, on pouvait visionner soit le standard anglais Baird (image balayée dans le sens vertical) ou français système Barthélemy.(Image balayée dans le sens horizontal). Le changement de standard se faisait en actionnant un levier qui basculait la lampe néon sur l’une ou l’autre des spirales du disque. Il y avait donc, deux fenêtres de vision et l’on regardait l’une ou l’autre selon que l’on captait Londres ou Paris.

L’un des postes de radio servait à capter le son de l’émission de télévision et était généralement utilisé par la radiodiffusion ordinaire en dehors des émissions expérimentales. Le deuxième récepteur était également utilisé pour la radiodiffusion en temps normal, puis aux heures voulues, une voix annonçait que les émissions de ‘Radiovision’ allaient commencer.
On donnait alors des instructions pour le réglage du ‘téléviseur’ et la mise en marche du moteur.
Puis la voix de l’annonceur était remplacée par un bruit ressemblant au « vrombrissement d’un gros bourdon » (sic!), caractéristique du bruit de l’image en 30 lignes. On savait alors, que les émissions de radiovision étaient commencées. Il était donc temps de connecter la lampe néon du ‘téléviseur’ à la place du haut parleur du poste. Venait ensuite le réglage acrobatique de l’image, qui, dans le meilleur des cas se déplaçait continuellement de droite à gauche. Après plusieurs tentatives, les plus adroits arrivaient à domestiquer l’appareil et pouvaient enfin voir les images orangées, tremblotantes et floues du 30 lignes se stabiliser (a peu près!) devant leur yeux émerveillés.
A part les bustes des acteurs que pouvaient voir d’autre les premiers téléspectateurs? Le laboratoire de Télévision de la Compagnie des Compteurs de Montrouge, avec à sa tête René Barthélemy, mis au point assez rapidement un télécinéma.
Il fut donc possible de visionner des films avec les téléviseurs mécaniques du début des années 30.
A l’émission, le télécinéma était une machine de dimensions imposantes qui était équipée d’un disque de Nipkow spécial ‘découpant’ les images du film se déroulant en continu devant une fente étroite.

Au sujet de la couverture de ces émissions expérimentales, il faut remarquer que grâce aux longueurs d’ondes utilisés à l’époque pour transmettre les images, il était souvent possible de recevoir en france les émissions de la BBC de Londres. En outre, les émissions expérimentales de la tour eiffel, étaient reçues en province et jusque dans le midi.

Quelques dates clés de l’aventure de la télévision.

ANNEES 1931 – 1935 : du 30 lignes au 180 lignes.

14 avril 1931

Première démonstration publique de télévision en France.

Elle est effectuée en 30 lignes de définition et réalisée avec le matériel mis au point par René Barthélemy dans son laboratoire de la Compagnie des Compteurs (CdC) à Montrouge ; la démonstration a lieu dans les locaux de l’Ecole Supérieure d’Electricité à Malakoff.

L’Emetteur se trouve à Montrouge dans les bâtiments de la CdC.

La caméra de prise de vue est mécanique et pourvue d’un tambour à miroir système Weiler.

Le récepteur, mécanique également, possède un disque de Nipkow à lentilles et une lampe cratère afin de donner une image de ‘grandes dimensions’: environ 40 cm de côté sur écran en verre dépoli, permettant la vision par plusieurs personnes à la fois.

Les travaux de Barthélemy sur le 60 lignes sont déjà assez avancés, mais une démonstration officielle n’est pas encore envisagée.

26 avril 1935.

Première émission officielle de télévision.

Cette émission inaugurale est réalisée en 60 lignes de définition, grâce au matériel réalisé et mis au point par René Barthélemy et son équipe d’ingénieurs.

A partir de cette date, la télévision entre désormais sous le contrôle de l’Etat , par le truchement de l’Administration des P.T.T.

La démonstration réalisée sous l’impulsion du ministre Georges Mandel, a lieu au studio du 103, rue de Grenelle à Paris.

La caméra de prise de vue est mécanique et équipée d’un disque de Nipkow à lentilles à 60 trous.

La réception s’effectue sur un récepteur cathodique et est également reçue sur plusieurs récepteurs à disque Nipkow.

La qualité et la finesse comparative du 60 lignes par rapport au 30 lignes, surprendra beaucoup les spectateurs et les ingénieurs présents à la démonstration.

A cette date, les travaux de René Barthélemy sur le 180 lignes avancent rapidement, stimulés par l’énergique ministre des P.T.T., Georges Mandel, lequel désire inaugurer la mise en route de la « haute définition » avant la fin de l’année.

2 décembre 1935.

Emission inaugurale de télévision à 180 lignes au studio des P.T.T. de la rue de Grenelle à Paris.

Emplacements choisis pour l’inauguration simultanée de la réception des images:

- Conservatoire des Arts & Métiers, 292, rue St. Martin, Paris.

- Office National du Tourisme, AV. des Champs Elysées, Paris.

- Salon de la France d’Outre-Mer, Grand Palais, Paris.

- Maison des Ingénieurs Civils, Paris.

- Mairie du V.eme Arrondissement, Paris.

La caméra de prise de vue est mécanique et équipée d’un disque Nipkow à trois spirales; la vitesse de rotation du disque avoisine les 3000 tours/minute. Cette caméra conçue par René Barthélemy représente la limite pratique des systèmes mécaniques d’analyse en télévision.

Par ailleurs, le studio nécessite une grande quantité de lumière, 50.000 lux, et un système de réfrigération spécial à air pulsé, pour abaisser la température du studio de 55 à 25 degrés centigrades.

La réception s’effectue sur tube cathodique.

Il est à noter que, comparativement à ce qui s’est passé lors du changement de définition du 30 lignes au 60 lignes, où la différence de qualité était très marquée, les récits d’archives montrent que le passage du 60 au 180 lignes semble décevoir quelque peu l’attente de certains observateurs. Le degré de ‘finesse’ de l’image que l’on espérait avec la haute définition, ne semble pas être au rendez-vous. Il est possible que l’état de la technologie de 1935, concernant la maîtrise des fréquences très élevées, soit, entre-autre, une explication à cet état de choses.

La fin de l’année 1935, marque également la fin à brève échéance, de l’ère mécanique de la télévision.

1 ERE EMISSION TV
26 avril 1935

Première Emission Officielle Française de Télévision

La première émission officielle de télévision des PTT s’est déroulée le vendredi 26 avril 1935, depuis le studio du n°103 de la rue de Grenelle à Paris.

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La définition de l’image était de 60 lignes. Ce standard ne sera utilisé que peu de temps. Des émissions conjointes en 60 et 180 lignes seront réalisées jusqu’au milieu de 1936, avant la supression totale du 60 lignes cette même année.

Extrait de l’article de Paul Berché. Journal l’Antenne n°632, 5 mai 1935.

UNE INAUGURATION

Vendredi 26 avril entre 20h15 et 20h30, il était bien difficile de franchir le seuildu 103 de la rue de Grenelle. Nombreux étaient, en effet, les candidats resquilleurs au spectacle sensationel qui se préparait dans le ministère: la première émission officielle française de télévision.

J’eus, bien que convoqué par un coup de téléphone du cabinet du ministre, toutes les peines du monde à pénétrer dans le sanctuaire et, sans mon ami Ponchon, vieil habitué de la maison, qui fit ouvrir deux barages devant moi, je serais resté sur le trottoir de la rue de Grenelle, à contempler les murs derrière lesquels il se passait quelque chose…

Je ne fus pas le seul > à avoir éprouvé quelques difficultés à répondre à l’> qui lui avait été faite. Certaines protestations vigoureuses et pittoresques de quelques photographes, m’incitent à penser que pareille mésaventure n’advint pas qu’à moi.

Mais l’accueil que voulu bien me réserver M. Barthélemy , le héros de la journée, me fit vite oublier ces incidents dûs à un évident défaut d’organisation. M. Barthélemy est un vieil ami de l’Antenne et tout mes lecteurs savent que ce sont ses procédés et ses appareils qui sont utilisés par les P.T.T. pour les émissions de télévisions décidées par M. Mandel.

Après m’avoir laissé regarder successivement Mlle Béatrice Bretty sourire de ses lèvres noircies, pour satisfaire aux exigences de la cellule photo-électrique, devant le dispositif d’exploration, et ce même sourire se reproduire sur l’écran du tube cathodique du récepteur de contrôle, M. Barthélemy me conduisit, faveur insigne, dans la pièce où était monté le poste émetteur de télévision proprement dit. Quelques grands meubles à panneaux de bakélite, enfermés dans une immense cage de faraday en treillis de cuivre, constituaient l’ensemble émetteur chargé de créer dans l’antenne le courant modulé de 4 ampères de large bande, sur lequel on compte actuellement pour diffuser, dans un rayon de 100 kilomètres, les images animées sur l’onde de 175 mètres.

L’image obtenue au récepteur de contrôle était remarquablement nette, bien que l’exploration ne soit que de 60 lignes. Je rappelle à ce sujet que le Comité anglais de télévision, dans un rapport récent, a précisé que 240 lignes étaient nécessaires pour une reproduction parfaite. Mais les premiers essais officiels de M. Barthélemy prouvent qu’une définition aussi élevée n’est pas indispensable pour transmettre quelque chose qui soit digne d’être regardé. Incessamment, peut-être même qu’au moment où paraîtront ces lignes, ce sera chose faite, on tentera la transmission de scènes à plusieurs personnages et en particulier la transmission de danses. Les girls trépidantes et photogéniques vont-elles s’emparer du sévère ministère de M. Mandel? D’ici trois mois, la définition sera poussée à 180 lignes.

Je félicite très vivement et très sincèrement M. Barthélemy de sa réalisation d’autant qu’elle s’est effectuée dans des conditions de rapidité véritablement stupéfiantes. Jugez-en.

L’installation fut décidée le 16 avril et une salle de conférence de L’Ecole Supérieure des P.T.T. est mise sur l’heure à la disposition de M. Barthélemy. M. Mandel prend de rapides décisions et aime qu’elles soient exécutées sur le même rythme.

Le 17, les gradins de l’amphitéatre sont enlevés et le futur studio est pris d’assaut par les maçons, les menuisiers et les électriciens. Le même jour, dans une salle voisine hâtivement débarassée, commence à s’élever le bâti de l’émetteur 500 watts – 175 mètres – qui est fourni par la puissante Compagnie des Compteurs de Montrouge.

Le 20, la plupart des appareils sont en place. Le dimanche et le lundi de Pâques sont employés à effectuer les premiers réglages. Les jours suivants, jusqu’au 25, on termine le revêtement > du studio, la pose des câbles. Le vendredi 26, on transmettait par radio la première scène officiellement télévisée dans ce nouveau studio. Cette rapidité d’exécution fait autant d’honneur au personnel qu’au matériel: on peut dire que , dès maintenant la télévision est sortie du domaine du laboratoire.

Aussi ne serez-vous pas étonnés d’apprendre que, vendredi soir, M. Barthélemy me confiait qu’il se sentait un peu fatigué. Mais je suis sûr que la consécration officielle de ses longues recherches, a récompensé largement le grand maître de la télévision française de ses peines

récentes ou lointaines et l’a encouragé à ne pas ménager ses peines futures, ainsi qu’il en a , croyez-le bien, la ferme intention.

Que doit-on penser de ces premières émissions? On s’est déjà élevé contre le choix de la longueur d’onde et celui de la trame d’analyse, mais il ne faut voir là, sans aucun doute, que de simples critiques intéressées.

On peut, en effet, répondre victorieusement à ces objections, que l’appareillage de réception pour 60 lignes est assez simple, que la portée des ondes de 175 mètres est beaucoup plus élevée que celle des ondes de 7 mètres utilisées en Allemagne et qui entrent dans la catégorie des ondes quasi lumineuses, que la qualité véritable des scènes à 60 lignes est inconnue de la plupart de ceux qui les désapprouvent, enfin que ce genre d’émission destiné à un début et à des spectateurs relativement éloignés, n’empêche pas l’émission simultanée à haute définition sur ondes très courtes.

Et maintenant, mes chers lecteurs, vous n’avez plus qu’à > après avoir si longtemps seulement >.

Paul BERCHE.

L’Antenne, 5 mai 1935.

EXTRAIT IN EXTENSO.

REMARQUE.

Les émissions en 60 lignes n’ont en fait été reçues que sur un nombre très restreint de récepteurs (une vingtaine en tout?), les téléviseurs n’étant pas, à l’époque, fabriqués au niveau industriel. Il s’agissait le plus souvent de montages d’amateurs réalisés à partir de « kits » spécialisés.